Boulevard Charlemagne

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Dans le cadre des opérations de rénovations urbaines (programmation ANRU) du quartier du Mont st Siméon, la ville de Noyon (Oise) entreprends de viabiliser et de vendre 14 lots à bâtir. Ces derniers se situent à l’ouest de la nouvelle voie créée entre la rue de Chauny et le boulevard du Mont St Siméon, appelée bd Charlemagne. Cette voie ainsi que l’ensemble du quartier avaient fait l’objet de 3 diagnostics archéologiques en 2009 et 2010.

En effet l’importance de ces travaux et la sensibilité du terrain, notamment pour les périodes préhistoriques et gallo-romains, avaient suscité la prescription de diagnostics archéologiques par le service régional de l’archéologie. Les résulats avaient confirmé le potentiel de cette zone pour des installations préhistoriques, notamment paléoliques.

Vue du site

Aussi le diagnostic de 2012 avait-il en partie pour but de confirmer ces informations et c’est la raison pour laquelle, le service archéologique de Noyon a répondu favorablement pour réaliser l’opération, tout en faisant appel à des spécialistes de l’INRAP pour le volet géomorphologique et préhistorique de l’analyse.

Le site se situe à l’est de Noyon sur le versant méridional d’une butte tertiaire, le Mont Saint-Siméon, à quelques mètres de celui de la Fontaine Pauquet (ANRU, T1) qui avait permis de mettre au jour du matériel lithique dans des niveaux de loess sableux et de cailloutis que l’on pouvait dater du paléolithique supérieur.

Ces niveaux ont à nouveaux été atteints, mais cette fois-ci la présence humaine n’a pas pu être attestée. Certains sondages présentent une séquence classique en contexte de buttes témoins. En revanche, d’autres sondages présentaient une séquence plus complexe où ce qui semble être un sol humifère peu développé a été observé, c’est-à-dire un sol de prairie arctique qui se met en place pendant le stade isotopique 3 entre 35 et 42 ka. Ainsi, malgré l’absence de mobilier, ce site confirme son fort potentiel pour la conservation de sites préhistoriques dans des niveaux rarement mis au jour.

Les tranchées classiques n’ont quant à elle rien révélé. Les quelques fosses dépotoires très récentes, les impacts d’obus liés aux combats de 1917 et 1918 et les fossés parcellaires difficiles à dater confirment que le site est certes anthropisé dans les périodes historiques où il a pendant longtemps été couverts de vignes, mais essentiellement dans un cadre agricole