Croix Saint-Claude

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A l’ouest de la rue du faubourg Saint Jacques à Noyon, au lieu-dit la Ferme de la Croix Saint Claude, une demande anticipée de prescription, préalable à la construction d’un lotissement, a motivé la réalisation d’un diagnostic archéologique. Les terrains concernés se situent au sud-ouest de la ville, à l’extérieur du site anciennement urbanisé et juste au nord de la voie ferrée Paris/Saint-Quentin-Busigny. Ils sont en outre longés à quelques mètres à l’Est par la Grande Verse. La totalité du projet comprend une superficie d’environ 10 hectares, nécessitant l’échelonnement du diagnostic archéologique sur deux années consécutives, soit en 2010 puis 2011.

En 2010, environ 8 hectares ont été diagnostiqués et n’avaient révélé que des structures rares et récentes ainsi que quelques trous d’obus. Localisé sur des pépinières et des bois, l’implantation des tranchées avait dû prendre en compte les obstacles constitués par la densité des arbres en place. Dès lors l’orientation des tranchées a varié en fonction des parcelles et les 20 mètres de distance conventionnelle ont été adaptés au terrain créant parfois des espacements irréguliers.

L’évaluation archéologique (36 sondages) a révèlé les traces succinctes d’une occupation à l’époque contemporaine. Difficiles d’interprétation de par leur caractère épars, ces traces se résument à la présence de quelques fosses à la fonction indéterminée ainsi que de fossés probablement de drainage, là aussi en très petit nombre. Le tout suggère un caractère agricole. L’évènement historique ayant laissé une trace majeure sur le terrain diagnostiqué renvoie à la première guerre mondiale. En effet, un nombre important de trous d’obus parsème les tranchées et témoigne du bombardement de la ville par les anglais en 1918 depuis le Mont Renaud. Néanmoins, l’abscence de mobilier renvoyant à ces époques (tant dans la terre végétale que dans le comblement des structures contemporaines) a plaidé en faveur d’une absence d’occupation jusqu’à l’époque contemporaine, excluant toute présomption même hypothétique d’occupation antérieure qui aurait été totalement détruite.


Elévation mise au jour

Cependant, les deux hectares restant n’avaient pas pu être sondés en 2010. Un des deux hectares a été sondé en août parce qu’en 2010 il était en culture et parce qu’en outre, il est situé sur la commune de Pont-l’Evêque soit hors du périmètre d’intervention du service archéologique de Noyon. Il a ainsi fait l’objet d’une opération en août dirigée par l’INRAP. Le dernier hectare était encore boisé en octobre 2010 et n’a donc été sondé qu’au mois de mai 2011, objet de la seconde opération, soit la tranche 2.

Les résultats de l’évaluation archéologique de 2011 (4 sondages) a montré des traces en faible nombre d’occupation de l’époque contemporaine ; corroborant ceux de 2010 : peu ou pas d’occupation et des traces exclusivement imputables au XXe siècle (comme les impacts d’obus, cf.photographie ci-contre). Le diagnostic n’a donc confirmé aucune présence préhistorique, protohistorique, antique ou médiévale. Le rare mobilier rencontré renvoie à l’époque contemporaine. L’absence totale d’artefact résiduel renvoyant à des époques plus anciennes dans la terre végétale et dans le comblement des structures contemporaines nous indique que l’absence de structures anciennes s’expliquent par le fait que cette zone autrefois marécageuse n’a jamais l’objet d’une occupation sauf pour une mise en valeur légère de type agricole.