La cour de l’hôtel Arnette de la Charlonny

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En 1951, l’hôtel est inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques (cour d’entrée, façade et toitures, boiseries intérieures du salon, de la bibliothèque, de la salle à manger et de la chambre principale), année où la cour de cet hôtel particulier fût repavée. Mais malheureusement celle-ci s’était énormément dégradée depuis de nombreuses années. La ville de Noyon a donc décidé de restaurer intégralement cet espace afin de répondre à des problèmes de sécurité et de redonner à cet hôtel particulier une apparence digne de son intérêt.

La cour d’honneur

Nous n’avons pas d’éléments historiques ou archéologiques permettant de savoir comment la cour d’honneur était originellement revêtue. Toutefois, la tradition de ces espaces consiste en un revêtement de pavés, bombé au centre et agrémenté de rigoles. De telles cours existent encore en grand nombre dans toutes les villes de France et même à Noyon, comme le montre l’hôtel situé 2 rue des Deux-Bornes. Cependant, en 1951, la cour subit une réfection et le choix de revêtement se porta sur des carreaux en terre cuite et de couleur jaunâtre incisés de motifs en croix concentriques incisées qui n’étaient pas, loin s’en faut, du meilleur effet même lorsque le pavage était en bon état. La surface s’était en outre fortement dégradée : de nombreux enfoncements se sont progressivement formés si bien que des carreaux se sont cassés et que des fissures ou des flaques se remplissaient régulièrement d’eaux et de terre.

La réfection de la cour

L’état déplorable de la cour ne posait pas seulement un problème esthétique pour une cour d’honneur, entrée principale de l’Ecole de musique. C’était aussi la sécurité des usagers et des visiteurs qui était menacée, sans parler du confort de marche. La municipalité a donc décidé de restaurer la cour.

C’est le service archéologique chargés des monuments historiques et le département voirie des services techniques qui ont porté le projet. Cependant rien ne pouvait être réalisé sans les conseils et les recommandations de l’Architecte des Bâtiments de France puisque la cour d’honneur est inscrite sur la liste supplémentaire des monuments historiques. Ce dernier nous orienta ainsi vers un revêtement en pavé de gré de réemploi posé sur du sable, afin de revenir à un état classique pour une cour d’honneur d’hôtel particulier. Il nous proposa en outre un plan de calepinage pour réaliser la pose des pavés (sens de pose, dessin) et pour la mise en place des rigoles.

En tant que travaux de restauration des monuments historiques, le projet a bénéficié d’une importante aide sous forme de subventions, émanant de l’Etat (20% du montant HT) et du Conseil général (15% du montant HT). Enfin, suite à une consultation conforme aux procédures des marchés publiques, c’est l’entreprise de Gauchy qui a mené à bien les travaux. Afin de parachever cette réfection, le service espaces verts de la ville a complètement repensé l’ornementation végétale de la cour : les gros arbres et les buissons ont été arrachés à l’exception des rosiers. D’autres rosiers ont été plantés le long du mur de brique au sud de la cour et deux bacs à oranger encadrent désormais le perron d’entrée.
Ainsi, en dépit du retard pris par le chantier dû en particulier à une coordination malaisée entre les différents acteurs du projet (ville-ABF-entreprise) et surtout aux conditions climatiques (froid et gel, neige etc.), la cour a enfin repris une apparence digne d’elle. Nous espérons cette année, en 2012, achever ce « lifting » par le remplacement des portes et la rénovation des volets.