La gestion de l’archéologie préventive

Contenu de la page : La gestion de l’archéologie préventive

La principale mission du service archéologique demeure la gestion de l’archéologie dite « préventive », c’est à dire la sauvegarde du patrimoine enfoui avant les nouvelles constructions. Ressource non renouvelable, il est toujours préférable de préserver le plus possible l’intégrité du gisement archéologique d’une ville. Néanmoins, la réalisation de fouilles, destruction méthodique et cohérente des vestiges, permet d’en sauvegarder la mémoire et d’enrichir la connaissance du passé. Ce travail est contrôlé et s’effectue en étroite collaboration avec les services de l’Etat (Service régional de l’Archéologie, DRAC Picardie) et de la ville (Service urbanisme).

Le suivi des dossiers d’urbanisme

En l’absence de fouilles programmées, ce sont des opérations préventives qui dominent l’activité.

LES DOSSIERS D’URBANISME SUIVIS

Le suivi des dossiers d’urbanisme est systématique grâce à un système de navette entre les services de la ville (service urbanisme et service archéologique) et les services de l’Etat de la DRAC (Direction Régionale des Affaires Culturelles, à Amiens), le SRA en particulier (Service Régional de l’Archéologie). En effet tous les dossiers de travaux sur la commune de Noyon sont soit instruits par le service urbanisme de la ville, soit par la DRAC.

Mais tous ces dossiers doivent être soumis au SRA au cours de leur instruction. Ensuite, le SRA envoie un formulaire de consultation au service de collectivité précisant la nature des travaux (PC, travaux etc..) et son adresse. Le SAVN fait les recherches nécessaires et renvoie son avis au SRA, à savoir : ne pas réaliser l’aménagement, émettre des prescriptions modificatives sur le projet, faire des fouilles pour réaliser le projet ensuite, faire un diagnostic pour vérifier si des vestiges sont menacés ou permettre le projet sans opération archéologique nécessaire.

LES RECHERCHES AVANT AVIS

Afin de donner un avis au SRA, de nombreuses recherches sont nécessaires. En effet, il convient de faire un bilan sur les connaissances historiques et archéologiques disponibles concernant le terrain à étudier. Les différents types de recherches concernent :

- Les sources historiques
Archives et inscriptions anciennes : Les textes anciens, surtout les textes concernant les terres, évoquent des éléments qui ont disparu aujourd’hui (un moulin, une vigne, un château etc.) et qui peuvent donc se trouver sous terre.
Cartes anciennes : La consultation des cartes anciennes est aussi très utile car ces cartes montrent ce qui se trouvait autrefois sur la parcelle que l’on veut aménager. Ainsi une carte peut montrer la présence d’un moulin, d’une maison ou d’autres constructions qui ont aujourd’hui disparu mais qui ont pu laisser des vestiges sous la terre de champs ou d’autres constructions modernes.
La toponymie : L’étude des cartes et des textes peut aussi nous donner des indications sur les noms donnés au lieu concerné par l’aménagement.


- Les connaissances archéologiques
Le SAVN possède aussi toute la documentation des fouilles réalisées dans la ville et des trouvailles faites au hasard à toutes les époques. Ainsi, les anciens rapports, les références de mobilier trouvé au cours de travaux permettent d’avoir des présomptions sur la présence ou non de vestiges en sous-sol.

- Les connaissances géologiques et géographiques
Il est aussi possible de procéder par déduction en étudiant les cartes et sources géologiques et géographiques. En effet certains types de localisations et de terrain sont propices à l’installation des hommes selon les époques et cela permet d’émettre des présomptions. Par exemple sur les bords de l’Oise dans certains terrains loessiques il n’est pas rare de trouver des vestiges préhistoriques.


L’AVIS DU SAVN, LA DÉCISION DU SRA

Il est très important de savoir que le SAVN ne fait que donner un avis consultatif. En aucun cas il ne décide si l’aménagement projeté doit être précédé d’une opération archéologique. Cette décision est prise par le Préfet de Région qui suit en général l’avis du SRA. Le SRA lui-même suit le plus souvent l’avis du SAVN. Les échanges entre SAVN et SRA pour émettre les prescriptions sont nombreux : par courrier, email, téléphone etc.

A noter

Si vous souhaitez approfondir vos connaissances sur le fonctionnement général de l’archéologie préventive, il est possible de consulter le site officiel de l’INRAP, de la DRAC de Picardie ou également le site "Droit et Archéologie" (en lien ci-dessous).