L’Eglise Sainte-Marie-Madeleine

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Des dix églises paroissiales qui valurent à Noyon le surnom de « bien sonnée », l’église Sainte-Marie-Madeleine, est la seule qui subsiste.

L’église Sainte-Marie-Madeleine : à droite, le chevet construit au XVIIIe siècle et orienté au nord, à l’extrême gauche, débordant sur la ruelle, l’ancien chevet à trois pans du XIIe siècle. Au XIXe siècle, l’église a été transformée en distillerie-dépôt de vins et aménagée en habitation. L’édifice est abandonné en 1950, pour être finalement racheté par la Ville en 1978. En attendant de trouver une nouvelle destination au lieu, il a fait l’objet de recherches archéologiques à partir des années 1990 et suscite l’intérêt des chercheurs.



L’église Sainte-Marie-Madeleine est construite contre le rempart gallo-romain, entourant au Moyen Âge le quartier canonial, et le long de la voie antique reliant Soissons à Amiens traversant Noyon. Elle est mentionnée dans les sources écrites pour la première fois en 1232 et ses origines sont encore mal connues. Ce premier édifice, situé dans le quartier canonial, peut être considéré comme une église ou une chapelle "satellite" de la cathédrale, probablement utilisée par les chanoines ou l’évêque durant la construction de la cathédrale. Elle devient une église paroissiale après l’achèvement de la cathédrale.

Historique

La partie la plus ancienne de l’église date du XIIe siècle. Il s’agit d’un chevet à pans coupés dont 3 pans sont encore visible de nos jours dans la façade orientale, le long de la rue de la Madeleine.

  • A la période gothique, l’église s’agrandit de deux bas-côtés, au nord et au sud. Ses ouvertures et son ornementation sont modifiées plusieurs fois jusqu’au XVIe siècle : de vastes baies sont percées dans les collatéraux et dans le mur occidentale de la nef avec de riches remplages malheureusement disparus. Les puissants piliers du chœur rappellent que l’église était surmontée d’une tour-clocher disparue au lendemain de la Révolution.

Elle a ainsi subi de nombreuses modifications au cours des XIVe, XVIe et surtout aux XVIIIe et XIXe siècles. Avant la Révolution, elle était utilisée comme église paroissiale, accueillant les fidèles du quartier.

  • Au début du XVIIIe siècle, l’église menace ruine et des travaux sont entrepris. Un projet d’agrandissement est retenu en 1713 avec la construction d’un nouveau chœur au nord, rompant avec l’orientation traditionnelle et tel que le permet la Contre-Réforme. L’église est alors richement décorée de stucs. Des pilastres scandent avec subtilité les travées à l’intérieur aussi bien qu’à l’extérieur. Les voûtes médiévales sont détruites et remplacées par des fausses voûtes en plâtre.

  • A la Révolution, l’église est vendue comme bien national : transformée entre autres en magasin de spiritueux, distillerie et habitation, elle garde le souvenir de cette occupation à travers sa grande porte cochère et une inscription encore visible vantant les mérites de sa production de liqueur.
  • Ses murs portent également les stigmates des combats de 1918

L’apport de l’archéologie

Plusieurs campagnes de fouilles archéologiques ont été menées au sein du bâtiment et une étude d’archéologie du bâti a été réalisée.

La fouille du sous-sol a révélé en particulier deux aspects intéressants :

  • Un chevet primitif a été découvert sous le chevet du XIIe siècle. Celui-ci révèle une forme semi-circulaire et permet de se représenter un premier édifice composé d’une unique nef. Par ailleurs, le chœur à pans coupés du XIIe siècle a vraisemblablement été modifié pour permettre l’installation des chapelles latérales et surtout la mise en place de piliers soutenant les voûtes de ce nouvel édifice gothique.

Vue du chœur médiéval en cours de fouille, avec la fondation d’un chœur plus ancien

  • De nombreuses sépultures ont été mises au jour dans l’ensemble du bâtiment mettant en évidence la fonction cimetériale de l’édifice, en particulier à partir de la transformation de 1713. Cet agrandissement s’est en effet opéré aux dépens du cimetière lié à l’église, situé au nord et à l’ouest, et l’espace ainsi contraint a dû être compensé par des inhumations plus nombreuses directement au sein de l’édifice.

L’étude d’archéologie du bâti de la façade orientale du bâtiment est également une source majeure d’information sur son évolution. Ainsi, la façade a été intégralement observée puis relevée, afin de pouvoir dégager les différentes étapes de son élaboration ainsi que les transformations qui ont été opérées à travers le temps.

  • Cette étude permet d’identifier le chevet à pans coupés de la période romane, notamment par ses baies en plein cintre aujourd’hui comblée (en vert foncé sur le document ci-dessus).
  • De part et d’autre de ce chevet, les anciens collatéraux se distinguent par des baies en arc brisé (en vert clair) qui ont par la suite été largement remaniées, notamment durant la période du gothique flamboyant comme en témoigne une niche installée dans l’angle sud-ouest de la façade.
  • L’agrandissement du début du XVIIIe siècle est quand à lui représenté en jaune. On constate que l’ancienne façade a également été reprise à ce moment avec le percement d’une porte (à gauche sur le relevé) permettant l’accès depuis la rue de la Madeleine et correspondant à la nouvelle distribution de l’espace liturgique.
  • Enfin les transformations liées à l’usage artisanale après la Révolution, consistent pour cette façade principalement en un rétrécissement des baies (en rose).

Contacts

Services municipaux

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Direction des Affaires culturelles - Service Archéologique et des monuments historiques